« Les cultures traditionnelles du monde ont bien plus en commun que ce que vous imaginez ! »

Ce vendredi 7 août 2026 restera gravé dans ma mémoire. En villégiature en Bretagne sud, j’ai grâce à mon ami photographe, Alain Perus-Cadoudal, découvert une formidable exposition pendant le Festival Interceltique de Lorient.
Je dis ‘exposition’ mais c’est bien plus que cela. C’est l’aboutissement d’une année de travail autour d’un projet ambitieux à l’initiative de la Confédération Kenleur. Créée par la journaliste-documentaliste Enora Molac, accompagnée par le photographe Alain Perus-Cadoudal, ce projet a pour vocation de faire se rencontrer les habitant.e.s du pays et de collecter leurs témoignages autour de leurs cultures. Un moment d’humanité où toutes les cultures du monde se rencontrent, s’entremêlent avec pour point convergent l’amour de la Bretagne.
Et c’est dans l’écrin majestueux Art Déco de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Lorient, que cette exposition s’est installée durant quatre jours. Plus de 1.000 visiteurs, tous conquis par l’intensité des images, la beauté des visages, l’originalité et l’élégance des costumes.
J’ai déambulé dans les allées, regardant chaque image en détail, chaque costume dans son identité. J’ai écouté, beaucoup écouté les impressions et commentaires des visiteurs.
Mon coup de cœur va incontestablement à Tahiti. J’ai rencontré Tiaré, impressionnée par son charisme contagieux, son sourire, sa gentillesse. Elle était accompagnée des créatrices de l’association Nahei Tahiti Nui, elles aussi passionnées, à l’énergie vraiment communicative.
Nahei Tahiti Nui est une association qui fait vibrer la culture polynésienne à travers la danse à Lorient (56). Elle promeut le ‘Ori Tahiti (qui signifie danse), une pratique sociale et culturelle de Tahiti. Principalement composée de femmes, l’association accueille les adultes et les enfants. Aujourd’hui, ses danseuses proposent des spectacles et montent régulièrement sur scène pour le plus grand plaisir des Lorientais.
Tiaré et Anne-Sylvaine
Tahiti – Bretagne
Tiaré est tahitienne, Anne-Sylvaine est bretonne.
Tiaré est l’une des grands-mères qui transmettent la matière culturelle tahitienne à l’association des danseuses Nahei Tahiti Nui. Anne-Sylvaine danse au Bagad de Lorient mais elle danse aussi au sein de l’association. Les deux femmes se sont tenues la main pendant tout le temps de l’interview.

Ce qui reste, le projet
Entre l’été 2025 et cet été 2026, la petite équipe de Kenleur a installé un studio photo/vidéo à Kerihouais (Hennebont), Enezeg (Lanester), Nouvelle-Ville et Bois du Château (Lorient) pour rencontrer les habitant.e.s du pays et collecter leurs témoignages autour de leurs cultures. Ce lien si précieux a pu se faire grâce aux maisons de quartiers, aux centres sociaux et aux cercles celtiques. Ils et elles ont montré comment revêtir le ‘salouva mahorais’, leur attachement au chapeau breton, des gestes lents en danse khmer au chant déba mahorais…
Ils se sont confiés et ont aussi parlé de leur malaise parfois, à se trouver complètement d’ici et là-bas en simultané. Les identités ne peuvent pas toujours être reliées à un pays, un Etat ou correspondre à un cliché simpliste. Chaque histoire est unique.
Avec le projet ‘Ce qui reste en pays de Lorient’, la Confédération Kenleur met leurs témoignages en valeur dans cette exposition, et organise également plusieurs fêtes lors du FIL (Festival Interceltique de Lorient) ainsi que dans les quartiers qui ont accueilli leur studio photo/vidéo.
Moidjimoi et Anfara
Mayotte
Moidjimoi et Anfara sont Mahoraises. Toutes deux chantent merveilleusement bien le ‘déba mahorais’, ce chant traditionnel et religieux qui raconte des choses du quotidien, un vrai régal à écouter !

Bahadjati, Marie, Amina, Saïd Ali, Chaïnour et sa maman Rahamata, Fakri
Grande Comore
Les Comoriennes et Comoriens, heureux de montrer d’où ils sont. Là où le lien avec les ancêtres est fondamental. Chaque île de l’archipel témoigne d’une grande richesse culturelle.
« Nous, on est mixtes ! Le vêtement dépend de la façon dont on va le porter, on peut faire tout ce que l’on veut ! », expliquent les femmes venues montrer tout à tour le shiromani d’Anjouan, le salouva mahorais et le costume de grand mariage.
Photo : @alainperus

Annick et Daniel
Bretagne
Avant la construction de la Maison de quartier de Kerihouais, il y avait là un petit parc avec un banc. Annick y venait souvent les soirs d’été pour tricoter et passer du temps en compagnie des voisins. Couturière, c’est elle qui a élaboré le prototype des gilets du Bagad HIZIV AN HENBONT, le Bagad d’Hennebont. Annick se souvient de l’état de la ville au sortir de la guerre et elle allait chercher son matériel dans une petite mercerie installée dans un baraquement devant les remparts.
Photo : @alainperus

D’autres pays ont témoigné de leur attachement à leurs cultures, à leurs coutumes comme le Maroc, Cambodge, Turquie, Nouvelle-Calédonie… Des témoignages très forts.
Pour en savoir plus sur « Ce qui reste » et découvrir les témoignages poignants de toutes les personnes rencontrées, il vous suffit de cliquer ici
Témoigner, écouter, transmettre, partager… N’est-ce pas là ce que nous devrions faire au quotidien ?
Merci à Enora Molac et Alain Perus-Cadoudal de m’avoir procuré, le temps d’une exposition, ces très belles émotions !
Une seule suggestion en ce milieu du mois d’août, restez connectés mes petits papoteurs. Et surtout, où que vous soyez, prenez bien soin de vous. Vos commentaires sont toujours les bienvenus via la page « Contact » du blog. Je vous y attends…








